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  • Le pays sans bureau de poste
  • Le pays sans bureau de poste

  • Agha Shahid Ali

  • Préface de Camille Auvray

  • Traduit de l'anglais par Frédérick Lavoie

  • 126 pages

  • Parution le 11 novembre 2025

  • Format 17 x 12 cm

  • ISBN : 978-2-924834-90-9

  • Prix : 22.95 $

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Le pays sans bureau de poste

Agha Shahid Ali (1949-2001), poète cachemiri-étasunien, est une voix importante de la poésie contemporaine, toujours lue, étudiée et citée. Mort prématurément à l’âge de 52 ans, Agha Shahid Ali était un poète de l’exil. Cet exil, qu’il avait choisi, l’a amené à osciller entre deux loyautés: envers sa terre d’accueil américaine, la langue anglaise et la culture occidentale d’un côté et, de l’autre, envers le Cachemire, les langues ourdoue, persane et cachemirie, et les traditions culturelles, littéraires et religieuses du sous-continent indien.

Dans The Country Without a Post Office, ces influences convergent pour tisser un témoignage poétique hors du commun de la plongée de la vallée du Cachemire dans la violence et la répression au début des années 1990. En plus d’y faire vivre de façon très personnelle les souffrances d’un peuple et d’une terre, Agha Shahid Ali y invoque des siècles de poésie mondiale. Dans les rues sous couvre-feu de Srinagar, aux abords du lac Dal ou sur les sommets de l’Himalaya, à partir de motifs quotidiens (lettres, gestes, messages), le poète illustre la détresse d’un Cachemire sous le joug.

L’intérêt du recueil est toutefois loin de s’arrêter à son sujet central. Si on le lit encore aujourd’hui, c’est pour la force du souffle poétique qui traverse ce livre, et pour la richesse de l’exploration des formes que nous offre Agha Shahid Ali. D’une page à l’autre, le poète nous fait naviguer entre la prose et le vers libre, pour ensuite nous initier au ghazal, une forme qu’il a fortement contribué à populariser aux États-Unis, puis nous faire (re)découvrir la villanelle, le pantoun et la canzone.

Frédérick Lavoie, écrivain et journaliste, a reçu le Prix du Gouverneur général du Canada en 2018 pour son essai Avant l’après : Voyages à Cuba avec George Orwell, publié chez La Peuplade. En 2023, il a fait paraître le récit Troubler les eaux chez le même éditeur. Journaliste et éditrice, Camille Auvray est spécialiste de l’Inde.

L'illustration de couverture est d'Alain Corne : https://www.instagram.com/al_nc_rn/.

En Europe, cet ouvrage paraîtra en février 2026 aux éditions Blast (ISBN : 978-2-492642-38-8).

Recensions et articles de presse

Le crépuscule enrouillé du safran

Le Devoir, 13 décembre 2025

On connaît si peu Agha Shahid Ali. Aussi peu, peut-être, que la région qu’il porte avec fureur et amour dans Le pays sans bureau de poste : le Cachemire. Voilà que l’habile et rigoureuse traduction de Frédérick Lavoie — et la sagace préface de Camille Auvray — nous ouvre sur ses merveilles. Aussi brillant dans sa forme — résolument libre et exploratoire — que dans son verbe pétri d’émotions et d’histoires, son recueil le plus célèbre nous invite dans un Cachemire déchiré entre son joug militaire et ses beautés himalayennes. L’instance poétique y offre « la routine assombrie de son sang », fouillant « la nuit confisquée » pour y retrouver la voix des milliers de disparus. Poète de l’exil, Shahid Ali montre un syncrétisme, un amour et une survivance qui rappellent l’ardent Gaston Miron, venu d’un pays « cousu à ton ombre ». Pris dans l’étau d’une bêtise expansive, ce territoire et les gens qui le peuplent trouvent ici une bouleversante libération : « Le soir arrive. Le coton se déchire. Un tisserand s’agenouille, cueille les fils tombés. Bientôt, il coudra l’air. »

Yannick Marcoux

Le pays sans bureau de poste

★★★★ Agha Shahid Ali, traduit par Frédérick Lavoie, Rue Dorion, Montréal, 2025, 124 pages

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