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Les éditions de la rue Dorion

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  • La Mohawk Warrior Society
  • La Mohawk Warrior Society

    Manuel de souveraineté autochtone

  • Œuvres choisies de Louis Karoniaktajeh Hall

  • Édition en français traduite et établie par Philippe Blouin, Ségolène Guinard, Claude Rioux et Michel Valensi

  • 464 pages

  • Parution le 27 septembre 2022

  • Format 20 x 17 cm

  • ISBN : 978-2-924834-31-2

  • Prix : 34.95 $

  • --- Format e-pub ---

  • ISBN : 978-2-924834-40-4

  • Prix : 20.99 $

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Somme exceptionnelle reposant sur un travail de longue haleine, cet ouvrage réunit pour la première fois une riche documentation qui renouvelle notre regard sur la société guerrière kanien’kehá:ka.

Articulé autour de l’oeuvre écrite et picturale de Louis Karoniaktajeh Hall (1918-1993) – militant traditionaliste, artiste visuel et expert de la Grande loi de la paix (Kaianere’kó:wa) –, l’ouvrage présente dans une traduction française inédite une sélection de ses écrits les plus importants et raconte les origines de son célèbre drapeau de l’unité.

Outre des témoignages contribuant à une histoire orale de la Confédération iroquoise, on trouvera réunis dans ce volume une foule de textes fondateurs qui permettent de comprendre cinq siècles de résistance mohawk. L’ensemble est accompagné d’un appareil éditorial substantiel, incluant une chronologie historique, un glossaire de concepts mohawks et une carte des territoires rotinonhsiónni en langue autochtone, fruits de six années de dialogue entre l’équipe éditoriale et des figures fondatrices de la Warrior Society.

« Ces textes sont un appel à la résistance psychologique. Ils ne sont pas seulement là pour être lus : ce sont des manuels faits pour être appliqués, défendus, criés, chantés, à l’instar des peintures et les affiches de Louis Karoniaktajeh Hall – dont les plus emblématiques sont reproduites dans ce volume – conçues pour qu’on les accroche, les placarde et les distribue aux quatre coins de l’Île de la Tortue. »

Louis Karoniaktajeh Hall (1918–1993) était un écrivain et peintre kanien’kehá:ka. Homme à tout faire, Karoniaktajeh a travaillé comme boucher, charpentier et maçon. Nommé secrétaire du feu du conseil de Ganienkeh, il est devenuun éminent défenseur de la souveraineté autochtone et a contribué à reformer la Rotisken’rhakéhte (Warrior Society). Parmi ses œuvres d’art les plus célèbres, on trouve le drapeau de l’Unité. Il est l’auteur du Manuel du Guerrier (1979) et de Reconstruire la Confédération Iroquoise (1980).

Philippe Blouin écrit, traduit et étudie l’anthropologie politique et la philosophie à Tionitiohtià:kon (Montréal). Sa recherche doctorale actuelle à l’Université McGill vise à comprendre et à partager les enseignements du eiohá:te (wampum à deux rangs) pour construire des alliances décoloniales. Ses travaux ont été publiés dans Liaisons et Stasis. Il a également écrit une postface à Réflexions sur la violence de George Sorel (Entremonde, 2013). Aux Éditions de la rue Dorion, il a fait paraître deux traductions : Capitalisme carcéral (Jackie Wang, 2020) et Radiations et révolution (Sabu Kohso, 2021).

En février 2022, les Éditions de la rue Dorion lançaient une campagne de souscription pour réunir au moins 2000 dollars afin de boucler le budget de publication et envisager avec sérénité et enthousiasme la réalisation de la traduction, le graphisme, la maquette, l’édition, la correction, la promotion – et surtout l’impression d’un coûteux cahier de quarante reproductions en couleurs des peintures de Louis Karoniaktajeh Hall. Plus d'une centaine de personnes ont répondu à l'appel et la somme amassée s'est élevée à 5 070 $. Nous tenons à leur exprimer notre reconnaissance.

Adrien Malette-Chénier, Adrien Vaillere, Amir Khadir, André-Philippe Chenail, Andrés Fontecilla, Annabelle Rivard, Anne Lardeux, Anne-Marie Lyrette, Anouk Mullins, Arnaud Marchand, Augustin Rioux, Benoit Renaud, Benoit Tellier, Benoit Thibeault, Bernard L., Carlos Cornejo, Cat B., Catherine Racicot, Chantal Ide, Charles Alexandre Trudeau, Charles Ramsay, Christian Labrecque, Christian Massé, Clara Cobbett Labonté, Denis Gravel, Denis Privat, Diane J. Charbonneau, Dominic Champagne, Élisabeth Germain, Emilie Poulin, Emmanuel Martin-Jean, Enrique Portilla, Éric Duguay, Éric Vincent, Erik Bordeleau, Etienne Gévry-Boucher, Étienne Pagé, Etienne Roy Grégoire, Eve Martin Jalbert, François Dumas, Francois Lemieux, François Saillant, Frederic Barriault, Frédérique Godefroid, Gabriel Rompré, Ginette Goulet, Giuliana Fumagalli, Guillaume Duval, Guillaume Manningham, Harold Martin, Henry Cassandre, Jacques Beaudoin, Jacques Blanchet, J.A., Jean-Sébastien Ritchie, Joëlle Dussault, Jonathan Grondin, Josiane Robidas, Judith Vernus, Julie Courchesne, Julie Girard, Julien Brun, Karine L’Ecuyer, Karine Vanthuyne, Lauriane Lavoie, Lindsay Lamarche, Lisandre Labrecque-Lebeau, Louis Trudel, Maïé Fortin, Marc Bonhomme, Marc Lamontagne, Marc-André Audet, Marc-André Simard, Marianita Hamel, Marie-Alice Daoust, Marie-Hélène Desroches, Marie-Josée Forget, Mary Ellen Davis, Mathieu Piché-Larocque, Mathieu Poulin-Lamarre, Michel Rioux, Mickael Côté, Miguel Gosselin Dionne, Miriam Hatabi, Mouloud Idir, Nathalie Miglioli, Nicole Gauvin, Olivier Hérard, Patricia Plouffe, Patrick Dubois, Patrick Tillard, Pierre-Olivier Lafontaine-Bédard, Raphael Valensi, Raphael Veilleux-Patry, Réal Capuano, Rémi Bellemare-Caron, Renato Rodríguez, René Lemieux, Ricardo Peñafiel, Richard Saint-Pierre, Robert de Massy, Ronald Cameron, Roxana Paniagua Humeres, Sabrine R., Sam Raymond, Samuel Lapointe, Sandra Govea, Sébastien Brodeur-Girard, Simon Hobeila, Simon Quesnel-Boulay, Stéphan Corriveau, Sylvain Lafleur, Vanessa Bourgeois, Vanusa Andrade, Vincent Coraini, Vincent Rasse, Walter-Olivier Rottmann-Aubé, Xavier Tréhout, Yan Campion, Yawei Sun, Yves Lacroix

La Mohawk Warrior Society publie ces jours-ci son manuel de souveraineté autochtone. L’organisation militante controversée, jugée radicale par plusieurs, mais qui se perçoit plutôt comme résistante, et dont les membres sont surnommés les « Warriors », s’est notamment fait connaître au grand jour durant la crise d’Oka, en 1990.

Dès le premier coup d’oeil, le lecteur averti reconnaîtra l’image qui s’étend sur toute la page couverture, le fameux drapeau iroquois, rouge et or avec au milieu le visage d’un Autochtone avec une plume d’aigle plantée sur la tête, brandi plusieurs fois durant le conflit à Kanesatake. Le livre s’articule d’ailleurs autour de Louis Karoniaktajeh Hall (1918-1993), militant traditionaliste, écrivain et artiste, qui a imaginé la bannière en question, surnommée le « drapeau de l’unité », et devenue aujourd’hui un symbole incontournable des combats autochtones en Amérique du Nord.

En plus d’une sélection d’oeuvres d’art signées par Karoniaktajeh Hall, figure complexe et emblématique de la Warrior Society, le livre inclut pour la première fois en français plusieurs de ses écrits jugés fondamentaux par le mouvement, comme Reconstruire la confédération iroquoise (1980) et le Manuel du guerrier (1979). Ce dernier est un captivant pamphlet historique bourré d’enseignements et de réflexions sur la condition de vie des Premiers Peuples au Canada.

Mais loin de la proposition polémiste remuant les douleurs du passé, le recueil — fascinant et fourni en détails — se déploie davantage comme une anthologie ayant pour objectif le partage d’une tradition orale souvent inédite ou rarement mise à la disposition des lecteurs. Par le biais d’une riche documentation, elle raconte ici les origines de la Warrior Society et son influence sur les luttes politiques.

Ainsi, le livre s’ouvre sur les témoignages de quatre de ses membres fondateurs : Tekarontakeh, Kakwirakeron, Kanasaraken et Ateronhiatakon. Ces activistes et gardiens du savoir traditionnel ont été parmi les premiers à véritablement organiser des initiatives médiatisées (rassemblements, blocage des routes et des ponts) afin d’affirmer une autorité autochtone sur les terres traditionnelles de la nation mohawk aussi bien aux États-Unis, dans l’État de New York, qu’au Québec.

Rappelons que le mouvement voit le jour dans les années 1960, époque des « grands réveils citoyens » qui ont vu naître divers groupes d’émancipation sur le continent nord-américain, l’American Indian Movement (AIM) et les Black Panthers en tête.

L’un des grands intérêts de l’ouvrage est qu’il donne la parole à la résistance mohawk sur près de cinq siècles. L’essai est un patchwork de styles et de genres littéraires mêlant entretiens, manifestes, contes, réflexions philosophiques et récits historiques. Une chronologie de l’histoire mohawk, un chapitre sur la toponymie et un glossaire sur divers concepts en langue autochtone complètent le volume.

La Mohawk Warrior Society

★★★

Oeuvres choisies de Louis Karoniaktajeh Hall, Éditions de la rue Dorion, Montréal, 2022, 464 pages. https://www.ledevoir.com/lire/766023/essai-la-mohawk-warrior-society-manuel-de-souverainete-autochtone-resistance-mohawk

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